Philosophisches Taschenwörterbuch:
Religion (Inhaltsangabe)

 




Der Artikel Religion gehört zu den zentralen Artikeln des Philosophischen Taschenwörterbuchs – und war neben dem ‚Christentum’ für Voltaire sicher auch der gefährlichste. In 7 Abschnitte (Fragen) aufgeteilt, kritisiert er sehr vorsichtig und allgemein das Christentum:
1. Ob der Glaube an ein Jenseits und die Auferstehung der Seele, also deren Unsterblichkeit, und die Bestrafung der Sünden für eine Religion maßgebend ist.
2. Ob der Glaube an mehrer Götter dem Glauben an einen einzigen vorherging, oder ob es umgekehrt war.
3. Ob das göttliche Wesen aus zwei (oder mehreren) Naturen besteht, ob der Teufel, die Dämonen, notwendig dazu gehören, oder nicht.
4. Wunder, Prophezeiungen und der Teufel, die zur Gründungsphase der Religion gehören, sind später verschwunden, statt Gott allein zu gehorchen, dient man ihm jetzt, indem man den weltlichen Gesetzen gehorcht.
5. Welche Religion ist die beste?
6. Ist es richtig, den Religionen der Antike alles schlechte zuzuschreiben und ist die aktuelle Religion von diesen wirklich so sehr verschieden?
7. Ist die Unduldsamkeit, mit der andere von einer fremden Religion überzeugt werden sollen, nicht das beste Mittel, um sie sich zu Feinden zu machen?

Philosophisches Taschenwörterbuch:
Résurrection – Auferstehung (Inhaltsangabe)

 




Die Frage, ob es eine Auferstehung nach dem Tode gibt und wie sie funktioniert, hat immer schon für sehr viel Streit und Verwirrung gesorgt: Ob der Körper aufersteht; ob es die Seele ist; wo dann die Seele im Körper sitzt; wie man ihn bestatten muss, damit sie heraus kann; wer auferstehen wird und an welchem Tag. Schließlich „hat man hat immer darüber gestritten, was wir waren, was wir sind und was wir sein werden“.

Philosophisches Taschenwörterbuch:
Songes – Träume (Inhaltsangabe)

 




Obwohl alle Sinne ‚abgemeldet‘ sind, gibt es, wenn wir schlafen, eine innere Aktivität. Der Hund ist im Traum auf der Jagd, der Dichter erfindet Verse. Der Wille und der Verstand sind dabei ausgeschaltet – ist da die ‚reine Seele‘ am wirken? Sie müsste schon ganz schön verwirrt sein… Man hat sich über den Traum viele Gedanken gemacht und seit langer Zeit versucht man, die Träume zu deuten (das zeigen schon etliche Geschichten in der Bibel).

Songes – Träume (Originaltext)

Wir geben hier den Artikel Songes – Träume aus der ersten Ausgabe des Philosophischen Wörterbuchs von 1764 in französischer Sprache wieder.


Somnia, quae ludunt animos volitantibus umbris,
Non delubra deum nec ab aethere numina mittunt,
Sed sua quisque facit.


Mais comment, tous les sens étant morts dans le sommeil, y en a-t-il un interne qui est vivant? Comment, vos yeux ne voyant plus, vos oreilles n’entendant rien, voyez-vous cependant et entendez-vous dans vos rêves? Le chien est à la chasse en songe; il aboie, il suit la proie, il est à la curée. Le poète fait des vers en dormant; le mathématicien voit des figures; le métaphysicien raisonne bien ou mal; on en a des exemples frappants.
Sont-ce les seuls organes du la machine qui agissent? Est-ce l’âme pure qui, soustraite à l’empire des sens, jouit de ses droits en liberté?
Si les organes seuls produisent les rêves de la nuit, pourquoi ne produiront-ils pas seuls les idées du jour? Si l’âme pure, tranquille dans le repos des sens, agissant par elle-même, est l’unique cause, le sujet unique de toutes les idées que vous avez en dormant, pourquoi toutes ces idées sont-elles presque toujours irrégulières, déraisonnables, incohérentes? Quoi! c’est dans le temps où cette âme est le moins troublée qu’il y a plus de trouble dans toutes ses imaginations! Elle est en liberté, et elle est folle! Si elle était née avec des idées métaphysiques, comme l’ont dit tant d’écrivains qui rêvaient les yeux ouverts, ses idées pures et lumineuses de l’être, de l’infini, de tous les premiers principes devraient se réveiller en elle avec la plus grande énergie quand son corps est endormi: on ne serait jamais bon philosophe qu’en songe.
Quelque système que vous embrassiez, quelques vains efforts que vous fassiez pour vous prouver que la mémoire remue votre cerveau, et que votre cerveau remue votre âme, il faut que vous conveniez que toutes vos idées vous viennent dans le sommeil sans vous et malgré vous: votre volonté n’y a aucune part. Il est donc certain que vous pouvez penser sept ou huit heures de suite sans avoir la moindre envie de penser, et sans même être sûr que vous pensez. Pesez cela, et tâchez de deviner ce que c’est que le composé de l’animal.
Un général d’armée rêve qu’il gagne une bataille; il la gagne en effet; les dieux l’ont averti qu’il serait vainqueur.
On ne tient compte que des rêves qui ont été accomplis; on oublie les autres. Les songes font une grande partie de l’histoire ancienne, aussi bien que les oracles.
La Vulgate traduit ainsi la fin du verset 26 du chapitre XIX du Lévitique: «Vous n’observerez point les songes.» Mais le mot songe n’est point dans l’hébreu; et il serait assez étrange qu’on réprouvât l’observation des songes dans le même livre où il est dit que Joseph devint le bienfaiteur de l’Égypte et de sa famille pour avoir expliqué trois songes.
L’explication des rêves était une chose si commune qu’on ne se bornait pas à cette intelligence: il fallait encore deviner quelquefois ce qu’un autre homme avait rêvé. Nabuchodonosor, ayant oublié un songe qu’il avait fait, ordonna à ses mages de le deviner, et les menaça de mort s’ils n’en venaient pas à bout; mais le Juif Daniel, qui était de l’école des mages, leur sauva la vie en devinant quel était le songe du roi, et en l’interprétant. Cette histoire et beaucoup d’autres pourraient servir à prouver que la loi des Juifs ne défendait pas l’onéiromancie, c’est-à-dire la science des songes.

Salomon (Originaltext)

Wir geben hier den Artikel Salomon aus der ersten Ausgabe des Philosophischen Wörterbuchs von 1764 in französischer Sprache wieder.




Salomon, pouvait-il être aussi riche qu’on le dit?

Les Paralipomènes assurent que le Melk David son père lui laissa environ vingt milleiards de nottre monnaie au cours de ce jour, selon la supputation la plus modeste. Il n’y a pas tant d’argent dans toute la terre, et il est assez difficile que David ait pû amasser ce trésor dans le petit pays de la Palestine.
Salomon, selon le troisième livre des Rois, avait quarante mille écuries pour les chevaux de ses chariots. Quant chaque écurerie n’aurait contenu que dix chevaux, cela n’aurait composé que le nombre de quatre cent mille, qui joints à ses douze mille chevaux de selle, eût fait quatre cent douze mille chevaux de bataille. C’est beaucoup pour un Melk juif qui ne fit jamais la guerre. Cette magnificence n’a guère d’exemple dans un pays qui ne nourrit que des ânes, et oû il n’y a pas aujourd’hui d’autre monture. Mais apparement que les temps sont changés; il est vrai qu’un prince si sage qui avait mille femme, pouvait bien avoir aussi quatre cent douze mille chevaux, ne fût-ce que pour aller se promener avec elles, ou le long du lac Génézareth, ou vers celui de Sodome, ou vers le torrent de Cédron, qui est un des endroits des plus délicieux de la terre, quoiqu’à la vérité ce torrent soit sec neuf mois de l’année, et que le terrain soit un peu pierreux.
Mais ce sage Salomon a-t-il fait des ouvrages qu’on lui attribue? Est-il vraisemblable, par exemple, qu’il soit l’auteur de l’églogue juive intitulée le Cantique des Cantiques?
Il se peut qu’un monarque qui avait mille femmes ait dit à l’une d’elles: Qu’elle me baise d’un baiser de sa bouche, car vos tétons sont meilleurs que le vin.; un roi et un berger, quand il s’agit de baiser sur la bouche, peuvent s’exprimer de la même manière. Il est vrai qu’il est assez étrange qu’on ait prétendu que c’était la fille qui parlait en cet endroit, et qui faisait l’éloge des tétons de son amant.
Je ne nierai pas ecore qu’un roi galant ait fait dire à sa maîtresse, mon bien aimé est comme un bouquet de mirrhe, il demeurera entre mes tetons. Je n’entends pas trop ce que c’est qu’un bouquet de mirrhe; mais enfin quand la bie-aimée avice son bien-aimé de lui passer la main gauche sur le cou, et de l’embrasser de la main droite, je l’entends fort bien.
On pourrait demander quelques exlications à l’auteur du cantique, quand il dit: Votre nombril est comme une coupe dans laquelle il y a toujours quelque chose à boire; votre ventre est comme un boisseau de froment, vos tétons sont comme deux faons de chevreuil, et votre nez est comme la tour du Mont Liban.
J’avoue que les églogues de Virgile sont d’un autre style; mais chacun a le sien, et un Juif n’est pas obligé d’écrire comme Virgile.
C’est apparemment encore un beau tour d’éloquence orientale, que de dire, Notre soeur est encore petite, elle n’a point de tétons; que forons-nous de notre soeur? Si c’est un mur, bâtissons dessus; si c’est une porte, fermons-la.
A la bonne heure que Salomon, le plus sage des hommes, ait parlé ainsi dans ses goguettes; c’était, dit-on, son épithalame pour son marriage avec la fille de Pharaon; mais est-il naturel que le gendre de Pharaon quitte sa bien-aimée pendant la nuit, pour aller dans son jardin des noyers, que la reine coure toute seule après lui nus-pieds, qu’elle soit battue par les gardes de la ville, et qu’ils lui prennent sa robe?
La fille d’un roi aurait-elle pu dire: Je suis brune, mais je suis belle, comme les fourures de Salomon? On passerait de telles expressions à un berger, quoiqu’après tout il n’y ait pas grand rapport entre la beauté d’une fille, et des fourures. Mais enfin, les pelisses de Salomon pouvaient avoir été admirées de leur temps; et un juif de la lie du people, qui faisait des vers pour sa maîtresse, pouvait fort bien lui dire dans son langage juif, que jamais aucun roi juif n’avait eu des robes fourées aussi belle qu’elle; mais il eût falu que le roi Salomon eût été bien enthousiasmé de ses fourures pour les comparer à sa maîtresse; un roi de nos jours qui composerait une belle épithalame pour son marriage avec la fille d’un roi son voisin, ne passerait pas, à coup sûr, pour le meilleur poète de son royaume.
Plusieurs rabbins ont soutenu que non seulement cette petite églogue voluptueuse n’était pas du roi Salomon, mais qu’elle n’était pas authentique. Théodore de Mopsueste était de ce sentiment; et le célèbre Grotius appelle le Cantique des cantiques un ouvrage libertin, flagitiosus, cependant il est consacré, et on le regarde comme une allégorie perpétuelle du mariage de Jésus-Christ avec son Église. Il faut avouer que l’allégorie est un peu forte, et qu’on ne voit pas ce que l’Église pourrait entendre quand l’auteur dit que sa petite soeur n’a point de tétons, et si c’est un muur, il faut bâtir dessus.
Le livre de la Sagesse est dans un goût plus sérieux; mais il n’est pas plus de Salomon que le Cantique des cantiques. On l’attribue communément à Jésus fils de Sirac, d’autres à Philon de Biblos: mais quel que soit l’auteur, on a cru que de son temps on n’avait point encore le Pentateuque; car il dit, au chapitre x, qu’Abraham voulut immoler Isaac du temps du déluge, et dans un autre endroit il parle du patriarche Joseph comme d’un roi d’Égypte.
Les Proverbes ont été attribués à Isaïe, à Elzia, à Sobna, à Éliacin, à Joacké, et à plusieurs autres; mais qui que ce soit qui ait compilé ce recueil de sentences orientales, il n’y a pas d’apparence que ce soit un roi qui s’en soit donné la peine. Aurait-il dit que « la terreur du roi est comme le rugissement du lion? » C’est ainsi que parle un sujet ou un esclave que la colère de son maître fait trembler. Salomon aurait-il tant parlé de la femme impudique? Aurait-il dit: « Ne regardez point le vin quand il paraît clair, et que sa couleur brille dans le verre? »
Je doute fort qu’on ait eu des verres à boire du temps de Salomon; c’est une invention fort récente; toute l’antiquité buvait dans des tasses de bois ou de métal; et ce seul passage indique que cette ouvrage fut fait par un juif d’Alexandrie, longtemps après Alexandre.
Reste l’Ecclésiaste, que Grotius pretend d’avoir été écrit sous Zorobabel. On sait assez avec quelle liberté l’auteure de l’Ecclésiaste s’exprime; on sait qu’il dit que les hommes n’ont rien de plus que les bêtes; qu’il vaut mieux n’être pas né que d’exister; qu’il n y a point d’autre vie, qu’il n’y a rien de bien que de se réjouir dans ses oeuvres avec celle qu’on aime.
Il se pourrait faire que Salomon eût tenu de tels discours à quelques-unes de ses femmes: on prétend que ce sont des objections qu’il se fait; mais ces maximes, qui ont l’air un peu libertin, ne ressemblent point du tout à des objections; et c’est se moquer du monde d’entendre dans un auteur le contraire de ce qu’il dit.
Au reste, plusieurs Pères ont prétendu que Salomon avait fait pénitence; ainsi on peut lui pardonner.
Mais que ces livres aient été écrits par un Juif, que nous importe? Notre religion chrétienne est fondée sur la juive, mais non pas sur tous les livres que les Juifs ont faits. Pourquoi le Cantique des cantiques, par exemple, serait-il plus sacré pour nous que les fables du Talmud? C’est, dit-on, que nous l’avons compris dans le canon des Hébreux. Et qu’est-ce que ce canon? C’est un recueil d’ouvrages authentiques. Eh bien! un ouvrage pour être authentique est-il divin? une histoire des roitelets de Juda et de Sichem, par exemple, est-elle autre chose qu’une histoire? Voilà un étrange préjugé. Nous avons les Juifs en horreur, et nous voulons que tout ce qui a été écrit par eux et recueilli par nous porte l’empreinte de la Divinité. Il n’y a jamais eu de contradiction si palpable.

Réligion (Originaltext)

Wir geben hier den Artikel Religion aus der ersten Ausgabe des Philosophischen Wörterbuchs von 1764 in französischer Sprache wieder.


Première question.

L’évêque de Vorcester, Warburton, auteur d’un des plus savants ouvrages qu’on ait jamais faits, s’exprime ainsi, page 8, tome Ier: « Une religion, une société qui n’est pas fondée sur la créance d’une autre vie, doit être soutenue par une providence extraordinaire. Le judaïsme n’est pas fondé sur la créance d’une autre vie; donc le judaïsme a été soutenu par une providence extraordinaire. »
Plusieurs théologiens se sont élevés contre lui; et comme on rétorque tous les arguments, on a rétorqué le sien, on lui a dit:
« Toute religion qui n’est pas fondée sur le dogme de l’immortalité de l’âme, et sur les peines et les récompenses éternelles, est nécessairement fausse: or le judaïsme ne connut point ces dogmes; donc le judaïsme, loin d’être soutenu par la Providence, était, par vos principes, une religion fausse et barbare qui attaquait la Providence. »
Cet évêque eut quelques autres adversaires qui lui soutinrent que l’immortalité de l’âme était connue chez les Juifs, dans le temps même de Moïse; mais il leur prouva très évidemment que ni le Décalogue, ni le Lévitique, ni le Deutéronome, n’avaient dit un seul mot de cette créance, et qu’il est ridicule de vouloir tordre et corrompre quelques passages des autres livres pour en tirer une vérité qui n’est point annoncée dans le livre de la loi.
Monsieur l’évêque, ayant fait quatre volumes pour démontrer que la loi judaïque ne proposait ni peines ni récompenses après la mort, n’a jamais pu répondre à ses adversaires d’une manière bien satisfaisante. Ils lui disaient: « Ou Moïse connaissait ce dogme, et alors il a trompé les Juifs en ne le manifestant pas; ou il l’ignorait, et en ce cas il n’en savait pas assez pour fonder une bonne religion. En effet, si sa religion avait été bonne, pourquoi l’aurait-on abolie? Une religion vraie doit être pour tous les temps et pour tous les lieux; elle doit être comme la lumière du soleil, qui éclaire tous les peuples et toutes les générations. »
Ce prélat, tout éclairé qu’il est, a eu beaucoup de peine à se tirer de toutes ces difficultés: mais quel système en est exempt?

Seconde question.

Un autre savant beaucoup plus philosophe, qui est un des plus profonds métaphysiciens de nos jours, donne de fortes raisons pour prouver que le polythéisme a été la première religion des hommes, et qu’on a commencé à croire plusieurs dieux, avant que la raison fût assez éclairée pour ne reconnaître qu’un seul Être suprême.
J’ose croire, au contraire, qu’on a commencé d’abord par reconnaître un seul Dieu, et qu’ensuite la faiblesse humaine en a adopté plusieurs; et voici comme je conçois la chose.
Il est indubitable qu’il y eut des bourgades avant qu’on eût bâti de grandes villes, et que tous les hommes ont été divisés en petites républiques avant qu’ils fussent réunis dans de grands empires. Il est bien naturel qu’une bourgade effrayée du tonnerre, affligée de la perte de ses moissons, maltraitée par la bourgade voisine, sentant tous les jours sa faiblesse, sentant partout un pouvoir invisible, ait bientôt dit: « Il y a quelque être au-dessus de nous qui nous fait du bien et du mal. »
Il me paraît impossible qu’elle ait dit: « Il y a deux pouvoirs. » Car pourquoi plusieurs? On commence en tout genre par le simple, ensuite vient le composé, et souvent enfin on revient au simple par des lumières supérieures. Telle est la marche de l’esprit humain.
Quel est cet être qu’on aura d’abord invoqué? sera-ce le soleil? sera-ce la lune? je ne le crois pas. Examinons ce qui se passe dans les enfants; ils sont à peu près ce que sont les hommes ignorants. Ils ne sont frappés ni de la beauté ni de l’utilité de l’astre qui anime la nature, ni des secours que la lune nous prête, ni des variations régulières de son cours; ils n’y pensent pas, ils y sont trop accoutumés. On ne crainte, on n’invoque, on n’adore que ce qu’on craint; tous les enfants voient le ciel avec indifférence; mais que le tonnerre gronde, ils tremblent, ils vont se cacher. Les premiers hommes en ont sans doute agi de même. Il ne peut y avoir que des espèces de philosophes qui aient remarqué le cours des astres, les aient fait admirer, et les aient fait adorer; mais des cultivateurs simples et sans aucune lumière n’en savaient pas assez pour embrasser une erreur si noble.
Un village se sera donc borné à dire: « Il y a une puissance qui tonne, qui grêle sur nous, qui fait mourir nos enfants; apaisons-la: mais comment l’apaiser? Nous voyons que nous avons calmé par de petits présents la colère des gens irrités; faisons donc de petits présents à cette puissance. Il faut lui donner un nom. Le premier qui s’offre est celui de chef, de maître, de seigneur; cette puissance est donc appelée monseigneur. C’est probablement la raison pour laquelle les premiers Égyptiens appelèrent leur dieu Knef; les Syriens, Adoni; les peuples voisins, Baal ou Bel, ou Melch, ou Moloch; les Scythes, Papée; tous mots qui signifient seigneur, maître.
C’est ainsi qu’on trouva presque toute l’Amérique partagée en une multitude de petites peuplades, qui toutes avaient leur dieu protecteur. Les Mexicains mêmes, et les Péruviens, qui étaient de grandes nations, n’avaient qu’un seul dieu: l’une adorait Manco Kapak, l’autre le dieu de la guerre. Les Mexicains donnaient à leur dieu guerrier le nom de Vitzliputzli, comme les Hébreux avaient appelé leur Seigneur Sabaoth.
Ce n’est point par une raison supérieure et cultivée que tous les peuples ont ainsi commencé à reconnaître une seule divinité; s’ils avaient été philosophes, ils auraient adoré le dieu de toute la nature, et non pas le dieu d’un village; ils auraient examiné ces rapports infinis de tous les êtres, qui prouvent un être créateur et conservateur; mais ils n’examinèrent rien, ils sentirent. C’est là le progrès de notre faible entendement; chaque bourgade sentait sa faiblesse et le besoin qu’elle avait d’un fort protecteur. Elle imaginait cet être tutélaire et terrible résidant dans la forêt voisine, ou sur la montagne, ou dans une nuée. Elle n’en imaginait qu’un seul, parce que la bourgade n’avait qu’un chef à la guerre. Elle l’imaginait corporel, parce qu’il était impossible de se le représenter autrement. Elle ne pouvait croire que la bourgade voisine n’eût pas aussi son dieu. Voilà pourquoi Jephté dit aux habitants de Moab: « Vous possédez légitimement ce que votre dieu Chamos vous a fait conquérir; vous devez nous laisser jouir de ce que notre dieu nous a donné par ses victoires. » (Juges, xi, 24.)
Ce discours, tenu par un étranger à d’autres étrangers, est très remarquable. Les Juifs et les Moabites avaient dépossédé les naturels du pays: l’un et l’autre n’avait d’autre droit que celui de la force, et l’un dit à l’autre: Ton dieu t’a protégé dans ton usurpation, souffre que mon dieu me protège dans la mienne. »
Jérémie et Amos demandent l’un et l’autre « quelle raison a eue le dieu Melchom de s’emparer du pays de Gad. » Il paraît évident par ces passages que l’antiquité attribuait à chaque pays un dieu protecteur. On trouve encore des traces de cette théologie dans Homère.
Il est bien naturel que l’imagination des hommes s’étant échauffée, et leur esprit ayant acquis des connaissances confuses, ils aient bientôt multiplié leurs dieux, et assigné des protecteurs aux éléments, aux mers, aux forêts, aux fontaines, aux campagnes. Plus ils auront examiné les astres, plus ils auront été frappés d’admiration. Le moyen de ne pas adorer le soleil, quand on adore la divinité d’un ruisseau? Dès que le premier pas est fait, la terre est bientôt couverte de dieux; et on descend enfin des astres aux chats et aux oignons.
Cependant il faut bien que la raison se perfectionne; le temps forme enfin des philosophes qui voient que ni les oignons, ni les chats, ni même les astres, n’ont arrangé l’ordre de la nature. Tous ces philosophes, babyloniens, persans, égyptiens, scythes, grecs et romains, admettent un Dieu suprême, rémunérateur et vengeur.
Ils ne le disent pas d’abord aux peuples: car quiconque eût mal parlé des oignons et des chats, devant des vieilles et des prêtres eût été lapidé; quiconque eût reproché à certains Égyptiens de manger leurs dieux eût été mangé lui-même, comme en effet Juvénal rapporte qu’un Égyptien fut tué et mangé tout cru(83) dans une dispute de controverse.
Mais que fit-on? Orphée et d’autres établissent des mystères que les initiés jurent par des serments exécrables de ne point révéler, et le principal de ces mystères est l’adoration d’un seul Dieu. Cette grande vérité pénètre dans la moitié de la terre; le nombre des initiés devient immense: il est vrai que l’ancienne religion subsiste toujours; mais comme elle n’est point contraire au dogme de l’unité de Dieu, on la laisse subsister. Et pourquoi l’abolirait-on? Les Romains reconnaissent le Deus optimus maximus; les Grecs ont leur Zeus, leur Dieu suprême. Toutes les autres divinités ne sont que des êtres intermédiaires: on place des héros et des empereurs au rang des dieux, c’est-à-dire des bienheureux; mais il est sûr que Claude, Octave, Tibère, et Caligula, ne sont pas regardés comme les créateurs du ciel et de la terre.
En un mot, il paraît prouvé que, du temps d’Auguste, tous ceux qui avaient une religion reconnaissaient un Dieu supérieur, éternel, et plusieurs ordres de dieux secondaires, dont le culte fut appelé depuis idolâtrie,
Les Juifs n’avaient jamais été idolâtres: car quoiqu’ils admissent des malachim, des anges, des êtres célestes d’un ordre inférieur, leur loi n’ordonnait point que ces divinités secondaires eussent un culte chez eux. Ils adoraient les anges, il est vrai, c’est-à-dire ils se prosternaient quand ils en voyaient; mais comme cela n’arrivait pas souvent, il n’y avait ni de cérémonial ni de culte légal établi pour eux. Les chérubins de l’arche ne recevaient point d’hommages. Il est constant que les Juifs adoraient, du moins depuis Alexandre, ouvertement un seul Dieu, comme la foule innombrable d’initiés l’adoraient secrètement dans leurs mystères.

Troisième question.

Ce fut dans ce temps où le culte d’un Dieu suprême était universellement établi chez tous les sages en Asie, en Europe, et en Afrique, que la religion chrétienne prit naissance.
Le platonisme aida beaucoup à l’intelligence de ses dogmes. Le Logos, qui, chez Platon, signifiait la sagesse, la raison de l’Être suprême, devint chez nous le Verbe et une seconde personne de Dieu. Une métaphysique profonde et au-dessus de l’intelligence humaine fut un sanctuaire inaccessible dans lequel la religion fut enveloppée.
On ne répétera point ici comment Marie fut déclarée dans la suite mère de Dieu, comment on établit la consubstantialité du Père et du Verbe, et la procession du Pneuma, organe divin du divin Logos, deux natures et deux volontés résultantes de l’hypostase, et enfin la manducation supérieure, l’âme nourrie ainsi que le corps des membres et du sang de l’Homme-Dieu adoré et mangé sous la forme du pain, présent aux yeux, sensible au goût, et cependant anéanti. Tous les mystères ont été sublimes.
On commença, dès le iie siècle, par chasser les démons au nom de Jésus: auparavant on les chassait au nom de Jéhovah ou Ihaho; car saint Matthieu rapporte que les ennemis de Jésus ayant dit qu’il chassait les démons au nom du prince des démons, il leur répondit: « Si c’est par Belzébuth que je chasse les démons, par qui vos enfants les chassent-ils? »
On ne sait point en quel temps les Juifs reconnurent pour prince des démons Belzébuth, qui était un dieu étranger; mais on sait (et c’est Josèphe qui nous l’apprend) qu’il y avait à Jérusalem des exorcistes préposés pour chasser les démons des corps des possédés, c’est-à-dire des hommes attaqués de maladies singulières, qu’on attribuait alors dans une grande partie de la terre à des génies malfaisants.
Ou chassait donc ces démons avec la véritable prononciation de Jéhovah aujourd’hui perdue, et avec d’autres cérémonies aujourd’hui oubliées.
Cet exorcisme par Jéhovah ou par les autres noms de Dieu était encore en usage dans les premiers siècles de l’Église. Origène, en disputant contre Celse, lui dit, n° 262(84): « Si en invoquant Dieu, ou en jurant par lui, on le nomme le Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, on fera certaines choses par ces noms, dont la nature et la force sont telles que les démons se soumettent à ceux qui les prononcent; mais si on le nomme d’un autre nom, comme Dieu de la mer bruyante, supplantateur, ces noms seront sans vertu. Le nom d’Israël traduit en grec ne pourra rien opérer; mais prononcez-le en hébreu, avec les autres mots requis, vous opérerez la conjuration. »
Le même Origène, au nombre xix, dit ces paroles remarquables: « Il y a des noms qui ont naturellement de la vertu, tels que sont ceux dont se servent les sages parmi les Égyptiens, les mages en Perse, les brachmanes dans l’Inde. Ce qu’on nomme magie n’est pas un art vain et chimérique, ainsi que le prétendent les stoïciens et les épicuriens: ni le nom de Sabaoth, ni celui d’Adonaï, n’ont pas été faits pour des êtres créés, mais ils appartiennent à une théologie mystérieuse qui se rapporte au Créateur: de là vient la vertu de ces noms quand on les arrange et qu’on les prononce selon les règles, etc. »
Origène en parlant ainsi ne donne point son sentiment particulier, il ne fait que rapporter l’opinion universelle. Toutes les religions alors connues admettaient une espèce de magie; et on distinguait la magie céleste et la magie infernale, la nécromancie et la théurgie; tout était prodige, divination, oracle. Les Perses ne niaient point les miracles des Égyptiens, ni les Égyptiens ceux des Perses. Dieu permettait que les premiers chrétiens fussent persuadés des oracles attribués aux sibyles, et leur laissait encore quelques erreurs peu importantes, qui ne corrompaient point le fond de la religion.
Une chose encore fort remarquable, c’est que les chrétiens des deux premiers siècles avaient de l’horreur pour les temples, les autels et les simulacres. C’est ce qu’Origène avoue, n° 347. Tout changea depuis avec la discipline, quand l’Église reçut une forme constante.

Quatrième question.

Lorsque une fois une religion est établie légalement dans un État, les tribunaux sont tous occupés à empêcher qu’on ne renouvelle la plupart des choses qu’on faisait dans cette religion avant qu’elle fût publiquement reçue. Les fondateurs s’assemblaient en secret malgré les magistrats; on ne permet que les assemblées publiques sous les yeux de la loi, et toutes associations qui se dérobent à la loi sont défendues. L’ancienne maxime était qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes; la maxime opposée est reçue, que c’est obéir à Dieu que de suivre les lois de l’État. On n’entendait parler que d’obsessions et de possessions; le diable était alors déchaîné sur la terre; le diable ne sort plus aujourd’hui de sa demeure. Les prodiges, les prédictions étaient alors nécessaires, on ne les admet plus un homme qui prédirait des calamités sur les places publiques serait mis aux Petites-Maisons. Les fondateurs recevaient secrètement l’argent des fidèles; un homme qui recueillerait de l’argent pour en disposer, sans y être autorisé par la loi, serait repris de justice. Ainsi on ne se sert plus d’aucun des échafauds qui ont servi à bâtir l’édifice.

Cinquième question.

Après notre sainte religion, qui sans doute est la seule bonne, quelle serait la moins mauvaise?
Ne serait-ce pas la plus simple? ne serait-ce pas celle qui enseignerait beaucoup de morale et très peu de dogmes? celle qui tendrait à rendre les hommes justes, sans les rendre absurdes? celle qui n’ordonnerait point de croire des choses impossibles, contradictoires, injurieuses à la Divinité, et pernicieuses au genre humain, et qui n’oserait point menacer des peines éternelles quiconque aurait le sens commun? Ne serait-ce point celle qui ne soutiendrait pas sa créance par des bourreaux, et qui n’inonderait pas la terre de sang pour des sophismes inintelligibles? celle dans laquelle une équivoque, un jeu de mots et deux ou trois chartes supposées ne feraient pas un souverain et un dieu d’un prêtre souvent incestueux, homicide et empoisonneur? celle qui ne soumettrait pas les rois à ce prêtre? celle qui n’enseignerait que l’adoration d’un Dieu, la justice, la tolérance, et l’humanité?

Sixième question.

On a dit que la religion des gentils était absurde en plusieurs points, contradictoire, pernicieuse; mais ne lui a-t-on pas imputé plus de mal qu’elle n’en a fait, et plus de sottises qu’elle n’en a prêché? Car de voir Jupiter taureau, Serpent, cygne, ou quelque autre chose, Je ne trouve point cela beau, Et ne m’étonne pas si parfois on en cause.
Molière, Prologue d’Amphitryon. Sans doute cela est fort impertinent; mais qu’on me montre dans toute l’antiquité un temple dédié à Léda couchant avec un cygne ou avec un taureau. Y a-t-il eu un sermon prêché dans Athènes ou dans Rome pour encourager les filles à faire des enfants avec les cygnes de leur basse-cour? Les fables recueillies et ornées par Ovide sont-elles la religion? ne ressemblent-elles pas à notre Légende dorée, à notre Fleur des saints? Si quelque brame ou quelque derviche venait nous objecter l’histoire de sainte Marie Égyptienne, laquelle n’ayant pas de quoi payer les matelots qui l’avaient conduite en Égypte, donna à chacun d’eux ce que l’on appelle des faveurs, en guise de monnaie, nous dirions au brame: « Mon révérend père, vous vous trompez, notre religion n’est pas la Légende dorée. »
Nous reprochons aux anciens leurs oracles, leurs prodiges: s’ils revenaient au monde, et qu’on pût compter les miracles de Notre-Dame de Lorette et ceux de Notre-Dame d’Éphèse, en faveur de qui des deux serait la balance du compte?
Les sacrifices humains ont été établis chez presque tous les peuples, mais très rarement mis en usage. Nous n’avons que la fille de Jephté et le roi Agag d’immolés chez les Juifs, car Isaac et Jonathas ne le furent pas. L’histoire d’Iphigénie n’est pas bien avérée chez les Grecs. Les sacrifices humains sont très rares chez les anciens Romains; en un mot, la religion païenne a fait répandre très peu de sang, et la nôtre en a couvert la terre. La nôtre est sans doute la seule bonne, la seule vraie: mais nous avons fait tant de mal par son moyen, que quand nous parlons des autres nous devons être modestes.

Septième question.

Si un homme veut persuader sa religion à des étrangers ou à ses compatriotes, ne doit-il pas s’y prendre avec la plus insinuante douceur et la modération la plus engageante? S’il commence par dire que ce qu’il annonce est démontré, il trouvera une foule d’incrédules; s’il ose leur dire qu’ils ne rejettent sa doctrine qu’autant qu’elle condamne leurs passions, que leur coeur a corrompu leur esprit, qu’ils n’ont qu’une raison fausse et orgueilleuse, il les révolte, il les anime contre lui, il ruine lui-même ce qu’il veut établir.
Si la religion qu’il annonce est vraie, l’emportement et l’insolence la rendront-ils plus vraie? Vous mettez-vous en colère quand vous dites qu’il faut être doux, patient, bienfaisant, juste, remplir tous les devoirs de la société? non, car tout le monde est de votre avis. Pourquoi donc dites-vous des injures à votre frère, quand vous lui prêchez une métaphysique mystérieuse? c’est que son sens irrite votre amour-propre. Vous avez l’orgueil d’exiger que votre frère soumette son intelligence à la vôtre: l’orgueil humilié produit la colère; elle n’a point d’autre source. Un homme blessé de vingt coups de fusil dans une bataille ne se met point en colère; mais un docteur blessé du refus d’un suffrage devient furieux et implacable.



Résurrection – Auferstehung (Originaltext)

Wir geben hier den Artikel Résurrection – Auferstehung aus der ersten Ausgabe des Philosophischen Wörterbuchs von 1764 in französischer Sprache wieder.


On conte que les Égyptiens n’avaient bâti leurs pyramides que pour en faire des tombeaux, et que leurs corps embaumés par dedans et par dehors attendaient que leurs âmes vinssent les ranimer au bout de mille ans. Mais si leurs corps devaient ressusciter, pourquoi la première opération des parfumeurs était-elle de leur percer le crâne avec un crochet, et d’en tirer la cervelle? L’idée de ressusciter sans cervelle fait soupçonner (Si on peut user de ce mot) que les Égyptiens n’en avaient guère de leur vivant; mais il faut considérer que la plupart des anciens croyaient que l’âme est dans la poitrine. Et pourquoi l’âme est-elle dans la poitrine plutôt qu’ailleurs? C’est qu’en effet, dans tous nos sentiments un peu violents, on éprouve vers la région du coeur une dilatation ou un resserrement, qui a fait penser que c’était là le logement de l’âme. Cette âme était quelque chose d’aérien; c’était une figure légère qui se promenait où elle pouvait, jusqu’à ce qu’elle eût retrouvé son corps.
La croyance de la résurrection est beaucoup plus ancienne que les temps historiques. Athalide, fils de Mercure, pouvait mourir et ressusciter à son gré; Esculape rendit la vie à Hippolyte; Hercule, à Alceste. Pélops, ayant été haché en morceaux par son père, fut ressuscité par les dieux. Platon raconte qu’Hérès ressuscita pour quinze jours seulement.
Les pharisiens, chez les Juifs, n’adoptèrent le dogme de la résurrection que très longtemps après Platon.
Il y a dans les Actes des apôtres un fait bien singulier, et bien digne d’attention. Saint Jacques et plusieurs de ses compagnons conseillent à saint Paul d’aller dans le temple de Jérusalem observer toutes les cérémonies de l’ancienne loi, tout chrétien qu’il était, afin que tous sachent, disent-ils, que tout ce qu’on dit de vous est faux, et que vous continuez de garder la loi de Moïse.
Saint Paul alla donc pendant sept jours dans le temple, mais le septième il fut reconnu. On l’accusa d’y être venu avec des étrangers, et de l’avoir profané. Voici comment il se tira d’affaire:
Or Paul sachant qu’une partie de ceux qui étaient là étaient saducéens, et l’autre pharisiens, il s’écria dans l’assemblée: Mes frères, je suis pharisien et fils de pharisien; c’est à cause de l’espérance d’une autre vie et de la résurrection des morts que l’on veut me condamner*. Il n’avait point du tout été question de la résurrection des morts dans toute cette affaire; Paul ne le disait que pour animer les pharisiens et les saducéens les uns contre les autres.
V. 7. Paul ayant parlé de la sorte, il s’émut une dissension entre les pharisiens et les saducéens; et l’assemblée fut divisée.
V. 8. Car les saducéens disent qu’il n’y a ni résurrection, ni ange, ni esprit, au lieu que les pharisiens reconnaissent et l’un et l’autre, etc.
On a prétendu que Job, qui est très ancien, connaissait le dogme de la résurrection. On cite ces paroles: Je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’un jour sa rédemption s’élèvera sur moi, ou que je me relèverai de la poussière, que ma peau reviendra, et que je verrai encore Dieu dans ma chair.
Mais plusieurs commentateurs entendent par ces paroles, que Job espère qu’il relèvera bientôt de maladie, et qu’il ne demeurera pas toujours couché sur la terre comme il l’était. La suite prouve assez que cette explication est la véritable; car il s’écrie le moment d’après à ses faux et durs amis: Pourquoi donc dites-vous: Persécutons-le, ou bien, parce que vous direz, parce que nous l’avons persécuté. Cela ne veut-il pas dire: Vous vous repentirez de m’avoir offensé, quand vous me reverrez dans mon premier état de santé et d’opulence? Un malade qui dit, Je me lèverai, ne dit pas, Je ressusciterai. Donner des sens forcés à des passages clairs, c’est le sûr moyen de ne jamais entendre.
Saint Jérôme ne place la naissance de la secte des pharisiens que très peu de temps avant Jésus-Christ. Le rabbin Hillel passe pour le fondateur de la secte pharisienne; et cet Hillel était contemporain de Gamaliel, le maître de saint Paul.
Plusieurs de ces pharisiens croyaient que les Juifs seuls ressusciteraient, et que le reste des hommes n’en valait pas la peine. D’autres ont soutenu qu’on ne ressusciterait que dans la Palestine, et que les corps de ceux qui auront été enterrés ailleurs seront secrètement transportés auprès de Jérusalem pour s’y rejoindre à leur âme. Mais saint Paul, écrivant aux habitants de Thessalonique, leur a dit que le second avènement de Jésus-Christ est pour eux et pour lui, qu’ils en seront témoins.
V. 16. Car aussitôt que le signal aura été donné par l’archange et par le son de la trompette de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui seront morts en Jésus-Christ ressusciteront les premiers.
V. 17. Puis nous autres qui sommes vivants, et qui serons demeurés jusqu’alors, nous serons emportés avec eux dans les nuées, pour aller au-devant du Seigneur au milieu de l’air, et ainsi nous vivrons pour jamais avec le Seigneur.**
Ce passage important ne prouve-t-il pas évidemment que les premiers chrétiens comptaient voir la fin du monde, comme en effet elle est prédite dans saint Luc, pour le temps même que saint Luc vivait?
Saint Augustin croit que les enfants, et même les enfants mort-nés, ressusciteront dans l’âge de la maturité. Les Origène, les Jérôme, les Athanase, les Basile, n’ont pas cru que les femmes dussent ressusciter avec leur sexe.
Enfin, on a toujours disputé sur ce que nous avons été, sur ce que nous sommes, et sur ce que nous serons

*Acte des apôtres, chap. xxiii, v. 6.
**I. Épître aux Thess., chap. 4.

Philosophisches Taschenwörterbuch:
Pierre – Petrus (Inhaltsangabe)

 




Wie kam es, dass Petrus‘ Nachfolger im Abendland viel mächtiger sind als im Morgenland? Den Bischöfen gelang es hier, sich sehr schnell weltliche Reichtümer anzueignen, Fürsten gleich. Und wie schaffte es die Kirche in der Nachfolge Petrus‘, weltweit so bedeutend und einflussreich zu werden? Indem sie Verbrechen an Verbrechen reihte. „Es ist, so sagt man, ein Beweis ihrer Göttlichkeit, dass sie trotz so vieler Verbrechen fortbestanden habe“.

Philosophisches Taschenwörterbuch:
Patrie – Vaterland (Inhaltsangabe)

 




Je kleiner sein Vaterland ist, um so mehrliebt man es. Manche Würdenträger in größeren Ländern verstecken hinter ihrer Vaterlandsliebe nur ihren Ehrgeiz. Aus den anfänglich einfach zusammenlebenden Gemeinschaften haben sich staatlich organisierte Gebilde entwickelt, Staaten, Republiken und Königreiche. Seit viertausend Jahren überlegt man, welche Staatsform besser ist. „Fragt die Reichen, sie haben die Aristokratie lieber, befragt das Volk, es will die Demokratie – nur die Könige ziehen die Monarchie vor“.

Philosophisches Taschenwörterbuch:
Moïse – Mose (Inhaltsangabe)

 




In den ersten beiden Abschnitten zeigt Voltaire, dass, anders als jüdische und christliche Theologen behaupten – Moses nicht der Autor der Bücher Moses gewesen sein kann, eine Erkenntnis, die aber schweigen müsse, wenn die Kirche, Nachfolgerin der Synagoge, spricht. Dann wendet er sich der Frage nach der Herkunft des Volkes Israel zu und aus der Textanalyse mit „wissenschaftlichen Methoden der Kritik“, kommt Voltaire zu dem Schluss, dass es sich um eine ägyptische Gruppierung handeln muss, die aus ihrem Heimatland verjagt wurde und nach Palästina fliehen musste (niemand geht freiwillig in eine Steinwüste und nennt es dann das gelobte Land).