A Madame La Présidente de Bernières

(7.10.1722)

.... Il n’y a rien de plus agréable que la Haye, quand le soleil daigne s’y montrer. On ne voit ici que des prairies, des canaux, et des arbres verts: c’est un paradis terrestre depuis la Haye jusqu’à Amsterdam. J’ai vu avec respect cette ville, qui est le magasin de l’univers. Il y avait plus de mille vaisseaux dans le port. De cinq cent mille hommes qui habitent Amsterdam il n’y en a pas un d’oisif, pas un pauvre, pas un petit-maître, pas un insolent. Nous rencontrâmes le Pensionnaire à pied, sans laquais, au milieu de la populace. On ne voit là personne qui ait de cour à faire. On ne se met point en haie pour voir passer un prince. On ne connaît que le travail et la modestie. Il y a à la Haye plus de magnificence et plus de société par le concours des ambassadeurs. J’y passe ma vie entre le travail et le plaisir, et je vis ainsi à la hollandaise et à la française. Nous avons ici un opéra détestable; mais, en revanche, je vois des ministres calvinistes, des arminiens, des sociniens, des rabbins, des anabaptistes, qui parlent tous à merveille, et qui, en vérité, ont tous raison. ....

An Madame Präsidentin Bernièrs (eigene Übersetzung cv)


...Bequemt sich die Sonne herauszukommen, gibt es nichts Angenehmeres als Den Haag. Man sieht hier nichts als Wiesen, Kanäle und grüne Bäume - von Den Haag bis hin nach Amsterdam ist es ein Paradies auf Erden.  Amsterdam, eine Stadt, die ich mit Achtung gesehen habe- ist das Kaufhaus der Welt. Dort lagen mehr als tausend Schiffe im Hafen. Von den fünfhundertausend Leuten, die Amsterdam bewohnen, ist nicht einer am faulenzen, weder ein Armer, noch ein kleiner Selbständiger noch ein Kranker. Wir haben den Statthalter zu Fuß gesehen, ohne Diener mitten unter der Bevölkerung. Man sieht bloß Leute, die dabei sind, ihre Besorgungen zu machen. Man versteckt sich hier nicht hinter einer Hecke, um einen Prinzen vorbeigehen zu sehen, man kennt nichts als Arbeit und Bescheidenheit. Dabei gibt es in den Haag durch den Verkehr der Botschaften genug Magnifizenzen und hohe Gesellschaft . Ich verbringe mein Leben zwischen Arbeit und Vergnügen und lebe somit nach holländischer und nach französischer Art. Wir haben hier eine fürchterliche Oper, aber andererseits sehe ich calvinistische Minister, Armnianer, Sozianer, Rabbis, Anabaptisten - alle verstehen es prächtig zu reden - und allesamt haben sie recht...